photos René Veneau
mardi 1 novembre 2011
mardi 18 octobre 2011
Images pures
Et dans spectacle invisible il y a aussi pour une grande part la recherche d'une image cristalline, pure, qui existe, mais que nul ne voit et qui par cela échappe au sort commun des images: preuves, fichages, détournements, retouches, bref, intégration dans un vaste système de recyclage, de récupération, au sens le moins noble.
Pour la reprise de Hommage à B.
Je travaille aussi sur la transmission, avec Ruines et Hommage à B. C'est bien cela, aller contre la solitude paradoxale du spectacle, et notamment dans Hommage à B, une petite célébration de se parler, de partager, qui plus est autour d'une forme lyrique. Je crois à cette chaleur possible du petit groupe se serrant autour d'un secret partagé, dévoilé sur la scène.
Sur Off (1 et 2), spectacles invisibles
Le spectacle invisible tel que je le conçois dans Off (pour à l'insu, c'est autre chose, il s'agit de clandestinité) témoigne de la recherche d'une relation supérieure et entérine les difficultés du voir, plus largement de la confrontation directe sous sa forme la plus évidente, et de son corollaire paradoxal, l'exclusion. (Je sais bien que cela vient d'une expérience intime, mais encore...). La mettre en scène violemment (un spectacle qui exclue, qui désenchante ou ennuie), et cependant, nul espoir n'est abandonné, c'est simplement chercher une autre voie, comme pour un sommet, même si elle est plus difficile, indirecte. C'est la voie d'une expérience inattendue. Et ainsi ne pas renoncer au merveilleux, c'est-à-dire, à la rencontre. Je ne souhaite pas me résoudre à un face-à-face muet et indéchiffrable ("tout m'est ru/tout sourd sans reflet ni profondeur/que le temps passé face au monde'").
Rappelle-toi ce que tu recherchais en faisant décrire des paysages à des personnes aux yeux fermés: le tremblement, l'émerveillement, d'où qu'il vienne, souvenir, oubli, fantaisie, mais qu'il te tire de cette torpeur où tout n'est que lui-même et toi le premier, solitaire. Poursuis cette quête de l'émerveillement, simplement, du monde qui est à la fois soi et un autre. Dont le merveilleux tient dans sa simplicité, précisément. A la fin de Ruines (spectacle sur-visible), avec cette présence insistante de la fille sur scène, il n'y aura plus de diversion, et on verra bien que cela pliera, que l'image n'est pas qu'étrangère et muette, que le monde parle, que l'on pourrait porter la main sur les choses. Le merveilleux est à chercher dans la profondeur des apparences, perspectives, porosité de nos silhouettes.
Rappelle-toi ce que tu recherchais en faisant décrire des paysages à des personnes aux yeux fermés: le tremblement, l'émerveillement, d'où qu'il vienne, souvenir, oubli, fantaisie, mais qu'il te tire de cette torpeur où tout n'est que lui-même et toi le premier, solitaire. Poursuis cette quête de l'émerveillement, simplement, du monde qui est à la fois soi et un autre. Dont le merveilleux tient dans sa simplicité, précisément. A la fin de Ruines (spectacle sur-visible), avec cette présence insistante de la fille sur scène, il n'y aura plus de diversion, et on verra bien que cela pliera, que l'image n'est pas qu'étrangère et muette, que le monde parle, que l'on pourrait porter la main sur les choses. Le merveilleux est à chercher dans la profondeur des apparences, perspectives, porosité de nos silhouettes.
jeudi 13 octobre 2011
Mais un spectacle...
Mais un spectacle qui nierait son étymologie, et ne serait plus "donné à voir", serait-ce encore un spectacle, au sens primitif et formidable, nécessaire, généreux, oui je le crois, et plus encore, ce serait comme un spectacle où tous les spectacles seraient en puissance, un spectacle d'une très forte intensité dramatique.
Ce spectacle-là (à l'insu, off1 et 2) donnerait à voir (oui mais) l'incapacité foncière à voir véritablement, à voir en profondeur.
nb: est-il moins évident de proposer un spectacle invisible ou infime, qu'une oeuvre plastique invisible ou infime? Exposer, est-ce la même chose que donner à voir? On ne cache (montre) pas un être comme on le fait pour un objet.
Ce spectacle-là (à l'insu, off1 et 2) donnerait à voir (oui mais) l'incapacité foncière à voir véritablement, à voir en profondeur.
nb: est-il moins évident de proposer un spectacle invisible ou infime, qu'une oeuvre plastique invisible ou infime? Exposer, est-ce la même chose que donner à voir? On ne cache (montre) pas un être comme on le fait pour un objet.
jeudi 6 octobre 2011
Pour la fin de Paysage
une fois maintenant que la porte enfin est ouverte
où aller
maintenant que tout est (h)or(s)
où aller
maintenant que tout est (h)or(s)
Limites de l'occupation
Dans Ruines, la question qui se pose est celle de la justification de la présence sur scène d'un individu. Question que l'on devrait se poser au début de chaque spectacle au fond. Qu'est-ce-qui fait l'artiste, qu'est-ce-qui donne le droit à une parole publique, comme à une vie parallèle ou supplémentaire, augmentée? A partir de quand, et jusqu'à quand, peut-on occuper le plateau?
Récits (2)
Hommage à B. n'était rien d'autre au fond, comme Ruines, qu'une histoire de transmission, de fil(s) tendu, d'histoire racontée à l'oreille d'un enfant, de contes passant, de main tendue. Hamlet: trouver son style aussi. Tout est traduction, je n'invente rien, mon geste est minimal et essentiel à la fois. Ce qui m'intéresse bien sûr -aussi- ce sont les accidents de parcours.
mardi 4 octobre 2011
Le métier du spectacle
© Philippe Meste
Je
La narration pose la question du sujet parlant. Qui est je? (si ce n'est le vrai sujet de l'histoire). Durant tout le trajet de la pièce (Ruines), il se constituera, notamment au travers des transformations des noms des "autres", pour aboutir à un JE total et présent, irrémédiable et pour cela, parfois, insupportable, contestable, et adorable.
Récits
Portraits-Paysages étaient autant de récits faits à l'aveugle.
Ruines sera un récit fait à l'absent.
Ruines sera un récit fait à l'absent.
Tentative d'enfouissement
Encore une note sur Ruines. C'est que je suis revenu à ce projet et que je voudrais bien le réaliser. J'y réfléchis encore et en donne ici les grands traits sans vouloir le dévoiler entièrement.
Un repas a eu lieu. Un banquet mémorable. C'est fini. Il n'en reste que des débris, comme dans les riches natures mortes en un coin pourrissantes, memento mori. Vision d'une jeune fille debout sur un tas d'ordures menacée d'ensevelissement non tant par les restes que par ce qui arrive à présent, s'évertuant à parler envers et contre tout, à exister contre ce qui l'étouffe peu à peu, actualités, cris, rumeurs du monde, odeurs, gravats, et aussi le passé, proche comme très lointain. S'évertuant à aller chercher au fond de sa mémoire tout en assumant le présent tandis que l'urgence et que la force hypnotique de l'image sont là, urgences ridicules et futiles pourtant, quand bien même. Face à une présence fragilisée à la fois par sa force de tenir d'un passé, les fascinantes nouvelles du soir, fugaces, trompeuses, sans vie.
Un repas a eu lieu. Un banquet mémorable. C'est fini. Il n'en reste que des débris, comme dans les riches natures mortes en un coin pourrissantes, memento mori. Vision d'une jeune fille debout sur un tas d'ordures menacée d'ensevelissement non tant par les restes que par ce qui arrive à présent, s'évertuant à parler envers et contre tout, à exister contre ce qui l'étouffe peu à peu, actualités, cris, rumeurs du monde, odeurs, gravats, et aussi le passé, proche comme très lointain. S'évertuant à aller chercher au fond de sa mémoire tout en assumant le présent tandis que l'urgence et que la force hypnotique de l'image sont là, urgences ridicules et futiles pourtant, quand bien même. Face à une présence fragilisée à la fois par sa force de tenir d'un passé, les fascinantes nouvelles du soir, fugaces, trompeuses, sans vie.
lundi 3 octobre 2011
Résolument m.
Adorno: "Il faut être résolument moderne".
Rimbaud: "Il faut être absolument moderne".
Résolument moderne.
Résolument m.
Résolument aime.
nom pour une compagnie
Rimbaud: "Il faut être absolument moderne".
Résolument moderne.
Résolument m.
Résolument aime.
nom pour une compagnie
Cette phrase d'Henri Michaux et...
"Est-ce-que tu es préparé? Que fais-tu contre le foisonnement?"
Je pense à la résistance vaillante et fragile dans la présence de I., malgré tout.
Et je lis dans Par effraction d'Hélène Frappat ce qui peut aussi s'appliquer au mouvement de Ruines:
"Plusieurs années plus tard, elle comprendrait que le véritable silence est celui dont on jouit, un court instant qui vous paraît éternel, en compagnie, lorsque le chaos fatiguant sans trêve la tête des hommes s'atténue (pour les humains, même les lignes d'eau ressemblent à des lignes d'écriture que leur esprit, jamais en sommeil, remplit en nageant), seul subsistant le murmure, identique en tout être humain, des forces vitales."
Je pense à la résistance vaillante et fragile dans la présence de I., malgré tout.
Et je lis dans Par effraction d'Hélène Frappat ce qui peut aussi s'appliquer au mouvement de Ruines:
"Plusieurs années plus tard, elle comprendrait que le véritable silence est celui dont on jouit, un court instant qui vous paraît éternel, en compagnie, lorsque le chaos fatiguant sans trêve la tête des hommes s'atténue (pour les humains, même les lignes d'eau ressemblent à des lignes d'écriture que leur esprit, jamais en sommeil, remplit en nageant), seul subsistant le murmure, identique en tout être humain, des forces vitales."
dimanche 2 octobre 2011
Pornographie de Portraits-Paysages
Les images de Portraits-Paysages ont pour moi quelque chose de presque pornographique, dans l'offrande, l'explicite, l'explicité même, la durée, la fascination mutique et presque stupide qu'elles finissent par exercer, et dans leur inaccessibilité s'élaborant au fur et à mesure qu'elles se dévoilent.
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