La note d'intention rédigée pour la mise en scène de Dom Juan en juin 2001 au Théâtre International de Langue Française. Elle reste d'actualité, pour moi.
"S’il ne nous est pas possible de monter Dom Juan aujourd’hui sans prendre en compte le poids d’un mythe qui dépasse largement même le cadre étroit de la littérature mondiale, ne faut-il pas considérer qu’il en est de même pour les personnages de l’histoire, et ne doit-on pas voir en eux plutôt que les participants pleins et entiers d’une fiction, des figures, conscientes d’elles-mêmes, du mythe qu’elles portent, dans et hors du récit. Des êtres hybrides, acteurs autant que personnages, dans un entre-deux hésitant presque jusqu’au bout entre présent absolu et temps du récit, entre présence réelle, et illusion, enfin, entre le caractère définitif des gestes et les approximations du langage. Plus que tout autre personnage mythique Dom Juan s’interroge sur son propre rôle et le condamne. Il n’aura de cesse, dans sa course vers la mort, de vouloir enfin, avec ce spleen des personnages des romans condamnés à leurs livres, rejoindre la vraie vie. Il entraîne avec lui tous les autres « personnages », excluant ainsi définitivement toute cohérence dramatique pour résumer l’histoire en spectacle, c’est-à-dire à l’affrontement d’une scène et d’une salle. Ce sera le trajet de la mise en scène que de briser à chaque fois l’illusion sans cesse reconstruite, pour finalement laisser affleurer puis triompher les strates d’une réalité totale, qui est celle du théâtre, et au-delà, celle des corps, de la plus infime peut-être, mais de la plus stricte vérité. Car même sans y croire, n’est-il pas, encore aujourd’hui, de notre devoir de continuer à chercher le vrai ? Paris, mai 2001."
mise en scène Gildas Veneau
assistante Nathalie Delmas
décors et costumes Sophie Moraine et Gildas Veneau
lumières Gildas Veneau
avec Nathalie Delmas, Nathalie Defrade, Clara Rodrigo, Anne Le Cabec, Juliette Cottereau, Gildas Veneau, Nicolas Zurmeyer, Pierre Amigon, Antoine Cottereau, Hugues Robert, Raphaël Hyacinthe...
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