Rechercher dans ce blog

Chargement...

jeudi 18 décembre 2008

Ruines (note d'intention)

Ruines-il est question de ruines, ruines d'un corps pourrissant comme le calcaire rongé au soleil et à la mer, ruines tentant encore de s'élever pierre sur pierre, de souvenirs d'une jeune fille à propos d'un texte que je lui ai lu, et de souvenirs d'un récit très ancien, qui se débattent dans contre le feu nourri des actualités live=la terre, l'eau, emportantes. Sujet la difficulté de la résistance d'une mémoire, de l'élaboration d'une histoire fiction, de l'Histoire, de la persistance (ou non) d'un mythe -tout cela en rapport avec la question d'accord drôle d'une vérité stable-, d'un mythe essoré donc, épuisé. Et dans cette difficulté-là où l'on se trouve sacrifié à la nécessité d'une raison d'être dans une Histoire linéaire qui ne demande qu'à progresser, toujours, toujours, nécessité qui est en fait bien plus s'adapter, accepter, signer pour, c'est ce qui nous est demandé, dans cette difficulté-là, ce qu'il ne faut pas faire! pour simplement se faire entendre, tenter de s'imposer, ne serait-ce qu'exister: jusqu'à se nier, disparaître. Ce qu'il ne faut pas faire justement: des pieds et des mains, se saigner, s'agiter, céder, s'adoucir, s'habituer, non je ne crois pas. Il faudrait plutôt affirmer une seule présence (être là corps tête coeur c'est tout) même si et forcément malmenée, handicapée, encombrée de souvenirs aussi et d'espoirs, à demi-debout peut-être mais totale et ainsi voilà présence glorieuse et courageuse, résistante, existence totale, provocante de plénitude, rayonnante, entière et claire. Au milieu des décombres cette voix qui persiste; ces décombres eux-mêmes, au milieu de la campagne, cette immobilité dans la vitesse qui a l'immobilité du mythe le mythe une Histoire immobile. Cela donc qui persiste pour mettre au présent et rappeler aussi à l'ici, dans l'actualité brûlante d'un effort de remémoration et de prise sur soi qui assume toute l'histoire et l'Histoire et le moment du spectacle aussi, qui rassemble et dépasse tout cela. Il s'agit comme d'une mise au jour (de restes archéologiques), comme une mise à jour, une modernisation vraiment, une mise au singulier générique et particulier, un appel à l'écoute et au face à face, difficile mais nécessaire. La simple affirmation d'une vie et de son poids.

"Le monde que j'avais péniblement réussi à construire dans mon esprit, fantastique et vrai, mystérieux et très beau, s'effondra d'un seul coup. Les décombres en subsistent encore. Quelque part au fond de moi." (Michelangelo Antonioni)

0 commentaires: