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mardi 30 décembre 2008

Foudroiement

Le spectacle, dans sa théâtralité, est-il jamais autre chose que celui du moment exact de la fin d'une innocence? Mais: sur scène ou dans la salle?

Inscriptions

Plusieurs projets (dont La lettre) sur l'écriture active, visible, le fait d'écrire, ce sont aussi bien sûr l'inscription, comme j'ai dit dans le monde, l'être là.

jeudi 18 décembre 2008

Sur la route

Je lance ces histoires de culpabilité comme une poignée de clous. Advienne que pourra.

Blessés seulement (à l'insu, place Vendome, etc...)

Je vous blesse, oui, je vous rends un brin coupables. Je vous fais un peu de mal. En même temps qu'à moi.

Pas fini pas parfait pas tout blanc

Cette non-innocence revendiquée de même que je ne crois pas en l'existence d'un état de finitude pour une oeuvre, un texte, etc...tout est inachevé, imparfait, ouvert. Je ne considère que l'existence ou non. C'est ce qui m'importe. Il convient surtout qu'il y ait geste. Notre blancheur n'est pas un cercle fermé.

Toujours sur la question de la culpabilité (à l'insu, place Vendome)

Il est pour moi question de modifier profondément, par le spectacle, à des niveaux aussi profonds et intimes que celui de l'innocence ou de la culpabilité, le public. Mais de toutes façons, tout affrontement à une chose neuve, toute présence à une apparition, est de l'ordre de la complicité dans un acte pour le moins étrange. Je repense d'autre part à ce tract qu'on retrouverait dans votre main innocente, il s'agit moins de vous désigner comme coupable que, comme dans Hommage à B., d'aller contre une forme de blancheur du souvenir. Moins pervertir que faire savoir, tout simplement, créer un souvenir, qui plus est commun. Et nb le danger sera sans doute considéré comme provenant plutôt de cette communauté que du contenu même du souvenir ainsi fabriqué, sauf peut-être si l'on consière le germe annonciateur de que peut constituer un souvenir.

Il faut etre performant

Je parle de vitesse. Et le raccourci pour l'action qui nous ferait gagner (du temps) est aussi celui qui vous rend, à votre insu, coupables. Car il est vrai vrai vrai qu'il faut trouver maintenant les formules d'un art efficace, donc dangereux. Je veux dire très clairement un art, des gestes et des pensées coordonnées qui nous permettent d'altérer très concrètement la réalité d'idées et d'actes qu'il est devenu impossible de ne pas combattre. Faut-il nommer? "A un certain moment, face aux événements publics, nous savons que nous devons refuser. Le refus est absolu, catégorique. Il ne discute pas, ni ne fait entendre ses raisons." (Maurice Blanchot). Il faut maintenant raccourcir le trajet entre nos pensées nos sentiments et nos actes, nos désirs et leur réalisation, les mots comme signes et leur sens. Il faut trouver les formules d'une pensée, d'un désir, d'un art et d'un langage performatifs. Dire non ce doit être le verbe d'action "s'opposer". Où a glissé l'espace infime qui reste pour l'action? S'est-il superposé à celui d'un certain spectacle (que j'aime)? Je fais comme on dit de la performance parce que comme le nom l'indique il s'agit d'efficacité, d'action efficace. Il se passe quelque chose en réalité.

Ruines (note d'intention)

Ruines-il est question de ruines, ruines d'un corps pourrissant comme le calcaire rongé au soleil et à la mer, ruines tentant encore de s'élever pierre sur pierre, de souvenirs d'une jeune fille à propos d'un texte que je lui ai lu, et de souvenirs d'un récit très ancien, qui se débattent dans contre le feu nourri des actualités live=la terre, l'eau, emportantes. Sujet la difficulté de la résistance d'une mémoire, de l'élaboration d'une histoire fiction, de l'Histoire, de la persistance (ou non) d'un mythe -tout cela en rapport avec la question d'accord drôle d'une vérité stable-, d'un mythe essoré donc, épuisé. Et dans cette difficulté-là où l'on se trouve sacrifié à la nécessité d'une raison d'être dans une Histoire linéaire qui ne demande qu'à progresser, toujours, toujours, nécessité qui est en fait bien plus s'adapter, accepter, signer pour, c'est ce qui nous est demandé, dans cette difficulté-là, ce qu'il ne faut pas faire! pour simplement se faire entendre, tenter de s'imposer, ne serait-ce qu'exister: jusqu'à se nier, disparaître. Ce qu'il ne faut pas faire justement: des pieds et des mains, se saigner, s'agiter, céder, s'adoucir, s'habituer, non je ne crois pas. Il faudrait plutôt affirmer une seule présence (être là corps tête coeur c'est tout) même si et forcément malmenée, handicapée, encombrée de souvenirs aussi et d'espoirs, à demi-debout peut-être mais totale et ainsi voilà présence glorieuse et courageuse, résistante, existence totale, provocante de plénitude, rayonnante, entière et claire. Au milieu des décombres cette voix qui persiste; ces décombres eux-mêmes, au milieu de la campagne, cette immobilité dans la vitesse qui a l'immobilité du mythe le mythe une Histoire immobile. Cela donc qui persiste pour mettre au présent et rappeler aussi à l'ici, dans l'actualité brûlante d'un effort de remémoration et de prise sur soi qui assume toute l'histoire et l'Histoire et le moment du spectacle aussi, qui rassemble et dépasse tout cela. Il s'agit comme d'une mise au jour (de restes archéologiques), comme une mise à jour, une modernisation vraiment, une mise au singulier générique et particulier, un appel à l'écoute et au face à face, difficile mais nécessaire. La simple affirmation d'une vie et de son poids.

"Le monde que j'avais péniblement réussi à construire dans mon esprit, fantastique et vrai, mystérieux et très beau, s'effondra d'un seul coup. Les décombres en subsistent encore. Quelque part au fond de moi." (Michelangelo Antonioni)

lundi 15 décembre 2008

Conséquences prévisibles et souhaitées de La lettre et à l'insu, place Vendôme

Fonder le groupe et l'intelligence du groupe (petit) sur le deuil et la culpabilité, comme deux traumatismes premiers, subis, mais après lesquels inventer, courir, etc...tout est possible. En effet, espace de liberté vertigineuse qu'il y a après.

Elle approche ; elle voit l'herbe rouge et fumante ;
Elle voit (quel objet pour les yeux d'une amante ! )
Hippolyte étendu, sans forme et sans couleur.
Elle veut quelque temps douter de son malheur,
Et ne connaissant plus ce héros qu'elle adore,
Elle voit Hippolyte, et le demande encore.
Mais trop sûre à la fin qu'il est devant ses yeux,
Par un triste regard elle accuse les dieux,
Et froide, gémissante, et presque inanimée,
Aux pieds de son amant elle tombe pâmée.


J.Racine, Phèdre, V, 6.

Notes pour à l'insu, place Vendôme (le Ritz, off)


cf. Loi de lutte contre la récidive du 11 août 2007 etc.
Répondre à la criminalisation et la suspicion légalisées par la culpabilité. Et s'inscrire contre le culte autoritaire d'une innocence à jamais préservée, tel qu'il se répand.

Par exemple déjà le spectacle ce serait un ou une poignée d'innocents brûlés vifs devant d'innombrables regards coupables? Tout simplement. Jeanne d'Arc comme spectacle fondamental? En tout cas il doit y avoir quelque chose autour de la mythologique mise côte à côte d'une totale clarté et du partage de quelque chose de plus obscur.

La culpabilité dont je parle c'est aussi entre autres et de manière générique l'implication, la présence au monde. Et comment serait-elle autrement que donnée? (Je dis cela pour justifier, un peu maladroitement, la responsabilité que je prends dans la manipulation qui régit le dispositif de cette performance.) Après, qu'en fait-on? La vie continue. Là alors il y a vraiment un espace. (L'innocence -Jeanne d'Arc?- au contraire, elle est celle d'objets.) Idem pour ce qui devrait se passer place Vendôme. Je me permettrai d'activer cette particulière culpabilité, comme celle de quelqu'un qu'on arrête dans la rue avec un tract qu'on lui a tendu et qu'il a pris un peu par hasard. La question demeure, que fait-on rentré chez soi, au petit matin, avec cette aventure? C'est le principal.

vendredi 5 décembre 2008

Spectacle de la fin

Ces spectacles là toujours ne sont pas autre chose et c'est beaucoup, que celui de leur propre fin, de leur ravissement, la tentative par là d'une cautérisation. Et ce fameux geste subversif qui a à voir avec l'effacement, le sacrilège, la fin d'une Histoire, je ne l'aurai appliqué qu'à ce que j'ai fait. Terroriser ses propres gestes. Rome et les barbares à la fois.