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mardi 3 février 2009

Qu'est-ce-que j'ai pour etre si heureux?

Lecture-performance
en collaboration avec Eve Loreaux
présentée en 2006-2007 à Khiasma (Les Lilas), Mains d'Oeuvres (Saint-Ouen) et Naxos Bobine dans le cadre d'Il faut brûler pour briller
production Victor/Khiasma
textes: Nicolas Sarkozy, Jean Giono

Qu’est-ce-que j’ai pour être si heureux ? est une une succession de relectures improvisées du dialogue d’Angelo et Pauline qui constitue les dernières pages d’Angelo.
Le spectacle met en scène la réorganisation puis la dislocation progressive et la disparition d’un texte rendu à son état d’objet sonore et typographique.
Les deux lecteurs découpent, redistribuent et remontent de manière aléatoire l’échange amoureux. Ainsi fragilisé, en partie balbutié, le texte soumis à des consignes successives (décomposition en syllabes, synchronisation, omissions, etc…) se livre in fine comme un matériau sonore brut. Expression fragile de l'indicible, il s’achemine vers le silence, tandis que le livre, entièrement caviardé, est soumis à une forme de destruction. L’amour non-consommé des deux héros répond alors en contrepoint aux bribes du matériel littéraire déconstruit.
Conçus comme autant d’échos au crépuscule qui tient lieu de décor à la scène, la désarticulation puis l’écroulement de la fiction, du sens, du texte et du matériau-livre, deviennent les termes d’une contre-proposition poétique aux valeurs libérales de croissance.

"Au terme de ce premier mois, j’ai acquis une conviction profonde: la France n’est pas condamnée à subir (…) il n’y a pas de raison de se résigner à une croissance molle (…) il faut agir, et agir vite (…) les Français n’ont pas confiance dans l’avenir, ils hésitent à consommer et à investir."
Intervention de Nicolas Sarkozy, ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, conférence de presse du 4 mai 2004

"-Pourquoi venez-vous si tard ?
- Je savais que vous étiez de taille à vous défendre toute seule. Et d’ailleurs il y a deux heures que je suis prêt à accourir à la moindre alerte.
-Je suis évidemment de taille à me défendre seule. Et même de taille à manger seule ce lait caillé. Mais j’ai préféré vous attendre. Je suis heureuse.
-Je suis parfaitement heureux.
-Il n’y a pas le moindre vent. Les hêtres sont silencieux comme si c’étaient des statues de hêtres. On n’a pas besoin de voir ; rien qu’à les entendre, on place les rossignols les uns à côté des autres et les uns derrière les autres sur des distances considérables.
-Est-ce qu’il y a souvent des calmes semblables ici ?
-Jamais, c’est la première fois que la paix me permet d’entendre toute la profondeur du pays. C’est magnifique !
-Je n’ai jamais éprouvé un sentiment de repos pareil."
Angelo, Jean Giono

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