




performance présentée le 11 juin 2006 à Naxos Bobine
conception gildas veneau
avec abla menouer, joao torres, ange potier, gildas veneau
(textes et dessins sur transparents rétro-projetés: ange potier)
Hamlet (l'acteur) assassiné. Le film du crime. Ou: comment réparer les dégâts.
Le spectacle s'articule pour moi autour de la référence à la grève des Lipp, au travers d'une chanson évoquée au milieu de la performance. La grève, comme jonction possible des masses artistes et ouvrières, dans une non-productivité, un blanc qui est à la fois un mouvement de révolte syndical, social, et l'aboutissement, d'autre part, de la tentation d'un geste artistique paradoxal et/mais essentiel, qui n'ajouterait rien à la réalité, mettrait fin à une forme de vacarme, et ne laisserait pas de trace. De là la mise en scène de la destruction du film d'hamlet: trouver son style, le retour sur la déflagration, comme pour la reprendre, le relèvement de joao, et le ravaudage de sa chemise tachée de sang. Dans le silence de l'ouvrage, front baissé, seulement le bruit de la machine à coudre une petite lampe, doigts affairés pour repriser. L'alliance entre deux mondes est scellée dans cette tranquillité intense, elle a lieu pour joindre des forces destinées à lutter.
(et aussi questionner la possibilité et la générosité réelles d'une esthétique de l'effacement, s'il n'y avait le travail patient et simple, digne, pour que quelque chose en dépit se bâtisse, demeure, presque même comme un souvenir encadré, une preuve, contre la fugitivité de la forme-même de la performance, et contre une certaine trop rapidité: des reliques, comme cette chemise rapiécée de vert que je conserve, comme ces mots ici qui remémorent).
http://gildasveneau.blogspot.com/2009/01/hamlet-trouver-son-style-archive-2006.html
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