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mardi 18 octobre 2011

Sur Off (1 et 2), spectacles invisibles

Le spectacle invisible tel que je le conçois dans Off (pour à l'insu, c'est autre chose, il s'agit de clandestinité) témoigne de la recherche d'une relation supérieure et entérine les difficultés du voir,  plus largement de la confrontation directe sous sa forme la plus évidente, et de son corollaire paradoxal, l'exclusion. (Je sais bien que cela vient d'une expérience intime, mais encore...). La mettre en scène violemment (un spectacle qui exclue, qui désenchante ou ennuie), et cependant, nul espoir n'est abandonné, c'est simplement chercher une autre voie, comme pour un sommet, même si elle est plus difficile, indirecte. C'est la voie d'une expérience inattendue. Et ainsi ne pas renoncer au merveilleux, c'est-à-dire, à la rencontre. Je ne souhaite pas me résoudre à un face-à-face muet et indéchiffrable ("tout m'est ru/tout sourd sans reflet ni profondeur/que le temps passé face au monde'").

Rappelle-toi ce que tu recherchais en faisant décrire des paysages à des personnes aux yeux fermés: le tremblement, l'émerveillement, d'où qu'il vienne, souvenir, oubli, fantaisie, mais qu'il te tire de cette torpeur où tout n'est que lui-même et toi le premier, solitaire. Poursuis cette quête de l'émerveillement, simplement, du monde qui est à la fois soi et un autre. Dont le merveilleux tient dans sa simplicité, précisément. A la fin de Ruines (spectacle sur-visible), avec cette présence insistante de la fille sur scène, il n'y aura plus de diversion, et on verra bien que cela pliera, que l'image n'est pas qu'étrangère et muette, que le monde parle, que l'on pourrait porter la main sur les choses. Le merveilleux est à chercher dans la profondeur des apparences, perspectives, porosité de nos silhouettes.

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